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Agrandir une maison sur un sol argileux : ce que la loi impose et ce que l’étude de sol change

Une extension sur un sol argileux peut bouger autrement que la maison à laquelle elle s’accroche. Dans les zones d’exposition moyenne ou forte, la loi impose une étude de sol ou des techniques de construction définies. Voici comment savoir si votre adresse est concernée, quelles extensions y échappent, ce que contient l’étude, et comment je prépare le projet.

Mis à jour le 23 octobre 2026Quentin Piepszownik, architecte

1. Votre maison est-elle en zone argileuse ?

La carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, consultable sur Géorisques, indique à l’adresse si un terrain se trouve en zone d’exposition moyenne ou forte : ce sont les seules zones où s’appliquent les obligations de la loi ELAN.

Une argile gonfle quand elle se réhydrate et se rétracte quand elle sèche. Les maisons y sont particulièrement sensibles, parce qu’elles reposent le plus souvent sur des fondations superficielles, selon le ministère de la Transition écologique.

  • Une carte mise à jour en 2026. L’arrêté du 9 janvier 2026 a révisé la carte d’exposition. Le ministère indique que les zones d’exposition moyenne et forte couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % en 2020.
  • Une date d’application. Le ministère et Géorisques indiquent que le nouveau zonage s’applique aux ventes de terrains non bâtis constructibles et aux contrats de construction de maison individuelle conclus depuis le 1er juillet 2026.
  • Dans le Val-d’Oise. Au point central de la commune, Géorisques indiquait en octobre 2026 une exposition forte à Domont, Bouffémont, Saint-Brice-sous-Forêt, Montlignon, Montmagny, Piscop, Béthemont-la-Forêt et Chauvry, et moyenne dans la plupart des autres communes présentées sur la page Architecte dans le Val-d’Oise. Le point central d’une commune ne dit rien d’une parcelle : seule la carte à l’adresse compte.

Arrêté du 9 janvier 2026 ; ministère de la Transition écologique, « Retrait-gonflement des argiles dans la construction » (mise à jour du 9 avril 2026) ; Géorisques ; consultés le 23 octobre 2026.

2. Ce que la loi impose pour une extension

En zone d’exposition moyenne ou forte, le constructeur d’une extension suit les recommandations d’une étude géotechnique de conception fournie par le maître d’ouvrage, ou applique des techniques particulières de construction fixées par la réglementation.

Géorisques vise expressément le « projet de construction ou d’extension » d’un bien situé dans ces zones. Le dispositif s’applique aux contrats de travaux de construction et de maîtrise d’œuvre portant sur un immeuble d’habitation, ou mixte habitation et professionnel, qui ne comporte pas plus de deux logements : une maison individuelle en fait partie.

  • L’étude avant la signature. Le maître d’ouvrage transmet l’étude de conception aux constructeurs avant la conclusion du contrat, et le contrat précise que le constructeur l’a reçue. CCH, art. L132-4 et suivants
  • Ou des techniques définies. À défaut de suivre une étude, le constructeur applique les techniques particulières de construction fixées par l’arrêté du 22 juillet 2020 relatif aux techniques particulières de construction, modifié par un arrêté du 24 septembre 2020.

Code de la construction et de l’habitation, articles L132-4 et suivants (issus de l’article 68 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018) ; ministère de la Transition écologique ; Géorisques ; Institut national de la consommation ; consultés le 23 octobre 2026.

3. Les extensions et les travaux qui échappent au dispositif

Une extension, véranda ou garage compris, échappe à l’obligation si elle fait moins de 20 m² et si elle est désolidarisée du bâtiment existant : les deux conditions sont cumulatives. Les travaux qui ne touchent ni les fondations, ni la structure, ni l’écoulement des eaux, ni les échanges thermiques entre le sol et le sous-sol de la maison en sont aussi exclus.

  • Moins de 20 m² et désolidarisée. Une petite extension accolée à la maison, sans désolidarisation, reste dans le dispositif ; une extension désolidarisée de 20 m² ou plus aussi. CCH, art. R132-3 et suivants
  • Travaux sans effet sur le sol. L’exclusion vise des travaux qui n’affectent ni les fondations ou la structure du bâtiment, ni l’écoulement des eaux, ni les échanges thermiques entre le sol et le sous-sol du bâtiment.

Code de la construction et de l’habitation, articles R132-3 et suivants (issus du décret n° 2019-495 du 22 mai 2019), d’après la fiche de l’Institut national de la consommation consultée le 23 octobre 2026.

4. Étude préalable et étude de conception : deux études différentes

L’étude préalable est fournie par le vendeur d’un terrain non bâti constructible et vaut trente ans si le sol n’a pas été remanié. L’étude de conception est commandée par le maître d’ouvrage pour un projet précis et ne vaut que pour ce projet : c’est elle qui compte pour une extension.

Les deux études géotechniques de la loi ELAN, d’après le ministère de la Transition écologique
ÉtudeQui la fournitQuandValiditéPrésomption de conformité
PréalableLe vendeurÀ la vente d’un terrain non bâti constructible30 ans, sans remaniement du solÉtude de type G1 (norme NF P 94-500 de novembre 2013)
De conceptionLe maître d’ouvrageAvant le contrat de constructionLe seul projet étudiéÉtude de type G2, avant-projet et projet (même norme)

L’étude de conception fixe les prescriptions constructives adaptées au sol et au projet. Si une étude préalable a été annexée à l’acte d’achat du terrain, elle renseigne sur le sol, mais elle ne remplace pas l’étude du projet d’extension. Les études sont jointes aux actes et suivent le bâtiment.

Ministère de la Transition écologique, « Retrait-gonflement des argiles dans la construction » ; Institut national de la consommation ; code de la construction et de l’habitation, article L132-5 ; Assemblée nationale, réponse à la question écrite n° 11077 (JO du 2 juin 2026) ; consultés le 23 octobre 2026.

5. À la fin des travaux

Pour une maison individuelle neuve en zone d’exposition moyenne ou forte, une attestation sur la prise en compte de ce risque accompagne la déclaration attestant l’achèvement des travaux.

  • L’attestation. Le ministère la présente pour les constructions neuves de maisons individuelles. Elle peut être établie par un contrôleur technique, un bureau d’études agréé ou un constructeur au sens de l’article 1792-1 du code civil. CCH, art. R122-38

Les autres attestations de fin de chantier sont présentées dans Permis accordé, projet fragile, avec la garantie décennale.

Code de la construction et de l’habitation, article R122-38 ; code civil, article 1792-1 ; ministère de la Transition écologique ; consultés le 23 octobre 2026.

6. Comment je prépare une extension sur un sol argileux

Je situe la parcelle sur la carte d’exposition avant de dessiner, je fais commander l’étude de conception par le maître d’ouvrage avant la consultation des entreprises, et je ne fixe le type de fondation et la jonction avec la maison qu’après l’étude.

  1. Situer. Carte d’exposition à l’adresse sur Géorisques, règlement du PLU et, le cas échéant, plan de prévention qui s’applique. C’est une étape de la faisabilité. Dans une grande partie du Val-d’Oise, les anciennes carrières et le gypse s’y ajoutent : voir anciennes carrières et gypse dans le Val-d’Oise.
  2. Décider de la forme avec le sol en tête. Surface de l’extension, extension accolée ou désolidarisée, plain-pied ou étage : ces choix changent les obligations et les fondations. Une surélévation pose d’autres questions, de structure et de fondations existantes.
  3. Faire commander l’étude au bon moment. L’étude est à la charge du maître d’ouvrage. Elle doit arriver assez tôt pour que ses prescriptions entrent dans les plans du permis de construire ou de la déclaration préalable, et avant la signature des marchés de travaux.
  4. Reporter les prescriptions. Profondeur des fondations, joint entre les deux volumes, gestion des eaux pluviales loin des murs : je les reporte dans les plans d’exécution et la consultation des entreprises, puis je les suis sur le chantier quand la mission le prévoit.

Questions fréquentes

Mon extension fera 18 m² : faut-il une étude de sol ?

En zone d’exposition moyenne ou forte, oui si l’extension est accolée sans être désolidarisée de la maison. L’exclusion ne vaut que pour une extension de moins de 20 m² et désolidarisée du bâtiment existant, véranda ou garage compris. À défaut d’étude de conception, le constructeur applique les techniques particulières de construction fixées par la réglementation.

Code de la construction et de l’habitation, articles L132-4 et suivants et R132-3 et suivants.

L’étude de sol faite à l’achat du terrain suffit-elle pour l’extension ?

Non. L’étude préalable fournie par le vendeur d’un terrain non bâti renseigne sur le sol et reste valable trente ans si le sol n’a pas été remanié, mais l’étude de conception est propre à un projet : elle fixe les prescriptions de l’extension envisagée et ne vaut que pour elle. À défaut d’étude de conception, le constructeur applique les techniques particulières de construction fixées par la réglementation.

Code de la construction et de l’habitation, article L132-5.

Où voir si ma maison est en zone d’argile ?

Sur Géorisques, à l’adresse : la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, révisée par l’arrêté du 9 janvier 2026, indique si le terrain est en zone d’exposition moyenne ou forte. Les obligations de la loi ELAN s’appliquent en exposition moyenne ou forte. Le PLU de la commune peut contenir en plus des règles propres au sol.

Arrêté du 9 janvier 2026.

Sources

  1. Ministère de la Transition écologique : retrait-gonflement des argiles dans la construction (page mise à jour le 9 avril 2026, consultée le 23 octobre 2026)
  2. Géorisques : m’informer sur le retrait-gonflement des argiles, loi ELAN et carte d’exposition mise à jour en janvier 2026 (consulté le 23 octobre 2026)
  3. Institut national de la consommation : la réalisation d’études géotechniques sur des sols argileux, contrats concernés et exclusions (fiche vérifiée le 5 janvier 2023, consultée le 23 octobre 2026)
  4. Géorisques : connaître les risques à une adresse
  5. Géorisques : retrait-gonflement des argiles, loi ELAN et carte d’exposition mise à jour par l’arrêté du 9 janvier 2026 (consulté le 11 octobre 2026)
  6. Assemblée nationale : question écrite n° 11077 et réponse du Gouvernement publiée au JO du 2 juin 2026 (étude géotechnique à la vente d’un terrain, article L132-5 du code de la construction et de l’habitation)
  7. Géoportail de l’urbanisme : consulter le document d’urbanisme d’une commune

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